Lever de rideau sur la trouvaille
la voilà, celle que je vous annonçais ici
Il est rare que j'achète quelque chose dans un vide-grenier, une brocante et encore moins chez un antiquaire. Je ne connais rien à rien, les époques, la rareté, l'état, la valeur ... tout ça m'est étranger, et j'imagine que ça doit se voir sur mon air de néophyte quand je demande naïvement au marchand "et cet objet, quel est son prix ?". Du coup, je passe le plus souvent mon chemin, pas envie de me faire avoir !
Samedi, la dame de la brocante a dû bien me cerner: je suis passée, j'ai soulevé le ciré qui était dessus, j'ai regardé, puis sans un mot je suis partie flâner ailleurs. Puis, je suis revenue et la dame m'a reconnue, quand je lui ai posé ma question fatale, elle m'a lancé "150 euros"; devant ma tête ébahie et déconfite, elle s'est vite rattrappée "100 !"; j'avais à peine esquissé un non de la tête, qu'elle corrigeait "50, et j'y perds, mais ça me débarrasse".
50. Ca entrait dans la catégorie "ordre du possible, mais pas raisonnable du tout" et cette petite voix entre mes deux oreilles: "mais c'est tout déglingué, tout moche, complètement à retapper, pas entier, elle te roule, c'est du toc, du vieux pas si vieux, et sale en plus".
Oui mais moi, pendant que la petite voix me sermonait, je faisais rapido un ravalement illico en peignant ici, remplaçant ça là, et l'imaginant dans sa destination finale.
Le coup de coeur, ça doit être ça. Avoir l'objet devant soi, et ne pas pouvoir repartir sans.
Oui mais les 50 euros, je ne les avais pas, 30 minutes auparavant, j'avais cassé mon précieux billet gothique à la boulangerie du coin en sandwichs pour PetitPrince et moi, tartelette aux fraises et macaron. Mes quelques neurones encore vaillants calculèrent le pécule en ma possession: 42 !
42 fut donc l'offre que je proposais penaude à la dame, qui, bonne actrice ou vraiment déconvenue, me céda pleine de désespoir la chose en échange de ma menue monnaie...
Et me voilà dans les ruelles, avec ma trouvaille sous le bras, quand j'entends une voix masculine me héler "oh, jolie trouvaille !". Je m'arrête, et demande au monsieur s'il s'y connait un peu, ou tout du moins plus que moi, lui demande d'évaluer le prix de mon achat. Il m'affirme que j'ai vraiment fait une bonne affaire, me donne des conseils pour la rénover, et je repars ragaillardie, contente de cette belle affaire, tout à ma joie de bientôt travailler dessus.
Allez, je sens que vous bouillez d'impatience, alors je vous la montre enfin, ma trouvaille, qui sera certainement le cadeau de Noël de PetiteFleur !
Et merci d'avance pour tous vos conseils de rénovation: peinture sur le bois et le métal, re-création de la capote, rénovation du velours intérieur, remplacement du galon. Je compte sur vous !


